Progresser en acro – à la rencontre de Cédric Garin

interview cédric
Faire de l'acro, ça ne vient pas du jour au lendemain même si on s'appelle Théo de Blic... Ça demande de l'entrainement et de la régularité.
C'est pourquoi Cédric a choisi de progresser en SIV avec son Epsilon 8 et l'acro 3. Voici son interview qui nous inspirera surement tout autant que les pilotes de haut niveau, car ils ont tous commencé par là.
  • Salut Cédric ! Qu’est-ce qui t’a motivé à commencer l’acro ? Certains pilotes t’inspirent ?

J’ai débuté le parapente, il y a 12 ans. J’ai commencé à faire mon 1er stage SIV en 2014.
Ma motivation première a été un défi que je me suis lancé. Ce qui me permettait d’être face à mes peurs. De me trouver en situation de contrôle face à mes émotions (gérer mon mental, pour savoir gérer ma gestuelle, et optimiser mes actions de pilotage, tels que savoir poser le regard, savoir se repérer dans l’espace).
Le pilotage en sol, m’a permis de faire corps avec la voile, de prendre confiance et de pouvoir jouer avec elle, ceci m’a donné envie de vivre une nouvelle aventure : le SIV avec l’école FLYEO avec le coach Fabien Blanco.
Pour que je puisse réaliser ce nouveau défi, je sais qu’il me faut du temps, c’est pourquoi je me fixe une régularité de 3 stages SIV par an et entre je mets en pratique mes gammes. Avec Fabien nous avons mis en place un programme de progression pour que je puisse réaliser ses gammes en solo au dessus du sol.

J’ai été inspiré par :
Raoul Rodriguez pour sa créativité en acro.
Jim Nougarolles pour sa dextérité en pilotage.
Jean-Baptiste Chandelier pour sa fluidité en vol de proximité.
Mike Küng pour sa maîtrise au sol.

  • Avec quel équipement es-tu venu pour ce SIV ? Sinon tu voles avec quoi ?

J’ai commencé mes SIV avec une Advance modèle Alpha 5 (taille 28), qui m’a aidé à me mettre en confiance en 360°, sortie chandelle, fermeture autorotation, wings et décro.
J’ai changé de voile après ses manœuvres validées et celle-ci étant en fin de vie, je suis passé sous l’Espsilon 8 (catégorie B taille 27), où j’ai travaillé mes décrochages, marche arrière, appris les wings over, la Sat, la vrille, et actuellement j’apprends l’hélico.
Ce sont des voiles qui m’ont permis de me donner le temps de comprendre chaque manœuvre sans me mettre dans le jus, et d’avoir le temps sur le moments de digérer mes sensations face à mes émotions.
Ma sellette est une acro3 (taille M), équipé de maillons largables, et d’un secours Rogallo BeamerIII et 1 secours GIN carré Yeti cross 32.

Sinon je vole en cross avec une Mac para modèle Eden 6 (taille 28), avec laquelle je maîtrise mes gammes appris en stage SIV.

  • Quels sont tes objectifs ? Ta figure préférée ?

Mon objectif est de continuer à progresser tout en me faisant plaisir. Je peux avoir un regard sur mes progrès techniques et mentaux. Cela me permet d’avoir confiance en moi.

Ma figure préférée : La complexité du wing over. Elle me procure de belles sensations, tels que le frisson, la glisse, le côté fun, et technique.

  • Souhaites-tu partager tes sensations de vol avec nous ?

Je suis un pilote qui a pris le temps d’apprendre, et de jouer en pente école, avant de faire mes premiers grands vols, cela m’a pris 2 ans. De part mes émotions qui ont été des obstacles, il a fallu que je surmonte mes peurs, il me fallait être persévérant, motivé et rigoureux. Cela m’a demandé un engagement financier, familial, et un investissement personnel, ainsi que de la régularité.

Je tiens à remercier les personnes qui m’ont soutenu dans cette aventure notamment Thierry Dufour, Fabien Blanco, Julien Serre. Au travers de cette expérience, j’ai pu rencontrer de belles personnes.

  •  Quel est le souvenir le plus marquant de ce SIV ? Et le conseil de Fab que tu retiens ?

Chaque nouvelle manœuvre est toujours marquante pour moi, et demande toujours un cap à passer.

Le conseil de Fabien est : tu te connais, tu as besoin de temps pour avancer, être calme, respirer et être patient.

  • Quelle fréquence d’entrainement penses-tu avoir après ce stage ?

Je suis venu dans la vallée de Chamonix m’installer, pour avoir un site où je puisse m’entraîner avec de la hauteur et voler régulièrement, et être dans une énergie sportive. Pour en arriver là, j’ai trouvé un travail de mécanicien de remonté mécanique sur le Domaine du Brévent au sein de la Compagnie du Mont Blanc, afin d’avoir une stabilité financière. Ce qui me permet de dégager des fonds pour ma progression et mon engagement dans le parapente.
Pour ma progression, j’ai mis en place un travail du visualisation que je fais régulièrement lorsque je ne vole pas, à l’aide de vidéos prises lors de mes manœuvres sur mon smartphone.
J’ai aussi mis en place un travail en visioconférence de préparation mental avec Delphine Pille quand j’en sens le besoin.

Merci beaucoup d'avoir trouvé le temps de répondre sincèrement, voir tant de dévouement envers la pratique est très inspirant !
À bientôt

Lorenza

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