Le vol thermique

Vive le printemps et les belles journées de vol !

Comment s’y préparer pour un débutant ?

Avoir déjà bien volé avec son parapente les mois avant, et réaliser quelques exercices de base, pour se familiariser avec son matériel. 

Au printemps, les conditions sont souvent fortes vers le début d’après midi, il est donc conseillé de commencer à voler dès que les conditions permettent de tenir au niveau du décollage (petit vent de face). Il n’y a pas d’heure fixe, dans tous les cas, décollez tôt et essayez de tenir en l’air, c’est le meilleur moyen d’apprendre.

On apprend la patience et la ténacité, on se perfectionne sur la manœuvrabilité de notre parapente. Tenir le long du relief quand les conditions sont faibles nous perfectionne sur les trajectoires pour trouver le compromis, marges de sécurité et exploitation thermique. Il faut absolument passer par cette étape de découverte du monde de l’air en mouvement avant de se retrouver trop haut dans le ciel.

Il est clair que l’on se confronte à la frustration, d’un vol trop court, ou l’envie de voler quand les conditions sont plus forte pour rester plus longtemps en l’air, et bien non ! Faites en sorte de garder ce rythme de pratique qui formera une base solide de ténacité et de confiance de vol près du relief.

Ne soyez pas trop gourmand sur le temps en l’air, car le vol c’est aussi être concentré sur son approche et son atterrissage, donc gardez de l’énergie !

Comment apprendre ?

Apprendre est une succession d’essais concluants et d’échecs, il faut donc l’accepter ainsi.

Pour comprendre l’exploitation du thermique, il faut voler aux heures où la masse d’air n’est pas encore organisée, de façon à apprendre où tourner, quand tourner, quel rayon choisir, savoir se mettre en attente dans une zone, patienter, observer, savoir être stratège avant de bouger vers un autre point de déclenchement.

Quand notre esprit n’est pas perturbé par autre chose, et notre technique suffisante pour garder le parapente maniable, nous sommes dans une phase d’apprentissage, où notre cerveau a une analyse claire de la situation et donc peut anticiper.

Dans cette condition nous vivons l’air, nous pouvons matérialiser, imager notre espace. C’est dans ces moments là où l’on accumule nos couches d’expériences, où le debriefing sur la perception de la masse d’air sont les plus fins.

Comment savoir ?

Comment je gère la situation:

Lorsque je vole et que je me sens “maniable”, que mon analyse soit juste ou fausse, mais que j’ai un plan B pour rester en l’air et trouver un appuis pour continuer mon vol, je suis dans la maîtrise et dans la sensation. Je peux donc restituer mon savoir et exploiter le phénomène magique.

 

Lorsque je suis en l’air et que je n’arrive plus trop à me déplacer, mes options deviennent rares, je ressent des crispations, mon intuition me pousse à aller me poser, et mon égo à rester. Lorsque je regarde trop les autres et que je suis plus attentif à mes propres sensations ou analyses, je suis dans une situation de non apprentissage. Il est temps de se poser, ou de changer d’espace de vol.

Pour les niveaux intermédiaire à expert ?

Décollez tôt est un bon moyen de s’échauffer de reprendre des sensations de glisse et de rythme avec le thermique (Rythme: savoir quand tourner dans le thermique, en fonction des conditions du moment).

Il faut faire du volume en l’air, je dis souvent « faites des ronds en l’air » ! Savoir monter est essentiel au vol (dixit les meilleurs pilotes du monde) donc profitez de ces heures où vous ne pouvez pas forcément faire des kilomètres, pour monter, descendre, monter et descendre, encore et encore. 

Réviser vos techniques de descentes rapides : Petites oreilles, oreilles accélérées, les 360 réguliers (travail de la rotation en contrôlant la vitesse).

Vous devez vous sentir à l’aise à pratiquer ces techniques et les rendre automatique, ce qui renforcera votre capacité cérébrale libre pour analyser d’autres situations (la beauté des montagnes environnantes, les autres pilotes autour, l’évolution météorologique, la prochaine transition..).

Soyez progressif sur la durée de vos vols, testez vous minutes après minutes, heure après heure, et jugez votre santé. Évitez la boulimie du début de saison, gardez de la marge et le plaisir en sera plus grand !

Volez dès que les conditions vous le permettent, n’attendez pas un jour meilleur que l’autre, tout vol reste une opportunité de vivre l’air et d’apprendre, alors GO !

Les atouts pour le vol thermique ?

  • Être patient(e)
  • Être relâché(e)
  • Savoir observer
  • Être attentif(ve) aux sensations
  • Comprendre les déplacements de l’aile par rapport à la masse d’air
  • Avoir confiance en ses placements et ses choix

Bon vols à tous, fiez-vous à vos sensations et exploitez votre savoir théorique, mais pas l'inverse !

Fab

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