Notre cross de 8h...

Du point de vue de Fab'

Voici un vol de vendredi dernier, où j’ai guidé mes copains dans les différents massifs. Une longue journée de vol et de découverte pour eux , une belle journée de vol contemplatif pour moi.

Je ne sais quoi écrire concernant ce vol magnifique, les conditions étaient parfaites: pas de vent, de beaux cumulus, de la neige blanche sur les sommets, du soleil toute la journée, le genre de vol qui me rappelle pourquoi j’aime autant ça.

Une dimension  importante c’est le partage avec les copains, je les guide à la découverte d’un espace grandiose , un voyage hors temps, entre la neige, haut plateau, glaciers, les différentes stations de ski de la Haute Savoie, les massifs (Bauges, Beaufortin, Bornes, Mont Blanc, Chablais Aravis) et les Lacs (Léman et Annecy, Passy).
On as partagé le vol avec les gypaètes, et observé les chamois dans les pentes herbeuses.
Un vol de presque 8 heures et des milliers d’images et de sensations pour me nourrir de cette jouissance pendant quelques mois !
Un vol de qualité partagé, un vol mémorable.
Le récit

Du point de vue des copains

La veille au soir, bien que toujours enjoué à l’idée de passer du temps sous mon aile avec les potes, la fatigue ne m’avait laissé que peu d’énergie pour décrypter les conditions pourtant annoncées fumantes dans les hauts massifs. Nous avions émis l’hypothèse avec JB d’un décollage du col du Fer au dessus de Marlens, avec pour ambition d’aller découvrir le Beaufortain mais sans trop savoir comment s’y prendre. Un message de Fab plus tard, nous indiquant qu’il était motivé pour nous accompagner dans cette direction, et nous voila tous les 4 en route pour une beau petit projet avec nos parapentes. Revigoré par une bonne nuit, je rejoins Fab qui finit de me donner la patate. Après avoir récupéré Tony et JB, nous déposons une voiture à l’atterrissage de Marlens où l’ambiance est électrique. On y croise parmi d’autres pilotes chevronnés, Charles, Johanna, Jojo et François. Bonne nouvelle, nous sommes au bon endroit pour le décollage.

La courte montée au col du fer fait office de réveil musculaire et j’apprécie particulièrement ces petites approches, qui rendent mon corps disponible pour le vol.
Après quelques minutes de préparations, Fab et Tony décollent, et nous suivons avec JB. Appliqués, nous arrivons au plafond au Charvin, ou nous retrouvons les pilotes croisés plus tôt. Fab, Tony et Juju ont eu le temps de se faire une mini race et s’amusent entre les petits cumulus en nous attendant.

Je m’applique pour faire le plafond et quitte les barbules du Charvin en direction des Saisies avec pour cible les premières voiles qui achèvent leur transition. Je suis bien plus tendu et concentrés que cette transition ne le demande, mais j’ai peur de poser si tôt dans la journée.

Je raccroche aux Saisies en compagnie Fabien et Tony. Fabien nous dépose littéralement dans le thermique et je m’emploie pour ne pas lâcher Tony d’une semelle jusqu’au nuage. JB nous rejoint et nous avançons en direction du Mont Blanc, dans ce contraste magnifique et bien allumé, entre neige pâturages sec. J’enroule bien plus qu’il ne faut, mais profite de chaque tour en thermique pour imprimer en moi le paysage qui m’entoure. Je ne me suis toujours pas habitué à la vue de nos montagnes depuis le ciel et j’espère que jamais ça n’arrivera, car elles m’émerveillent à chaque fois.

Après une traversée en direction du col du Joly balisée par les cumulus et nos guides 4 étoiles Fab et Tony, nous infléchissons nos routes vers le nord, direction Saint Gervais. Tony nous quitte alors direction les Aravis car il est attendu à la maison.

Arrivés hors cycle sur les hauteurs de Megève, nous patientons plusieurs minutes sans rien trouver de probant. Fab nous propose alors d’aller jeter un oeil au sud du Prarion. Nous raccrochons dans les arbres un thermique haché sous le vent. Pendant que nous bataillons avec JB, Fab qui nous fait une nouvelle démonstration d’efficacité en thermique, se paie un petit tour en direction du Col du Tricot perché à plus de 3000m.

Nous finissons par sortir dans un thermique puissant au dessus de Prarion et filons vers Passy. JB, qui a le talent pour sentir les lignes qui portent, flotte bien et m’indique au raccrochage un magnifique thermique qui nous catapulte au dessus de l’aiguille de Varan. Le passage entre neige et Cumulus à la tête du Coloney est splendide.

Nous faisons quelques tours en thermique au dessus de Flaine et nous appliquons à Samoens avant une longue transition et un raccrochage technique aux portes du Chablais. Fab tente une option sur la petite crête de gauche sans succès et nous nous rabattons tous les 3 sur la Bourgeoise, qui canalise un bel appui de brise et un thermique puissant.

C’est à ce moment la que mes 2 compères s’évadent. La fatigue qui commence à se faire sentir et une technique encore imparfaite en thermique ont raison de mon efficacité. Je vois les 2 ailes qui me surplombent s’éloigner en direction de Mieussy pendant que je dérive à la recherche d’un thermique.

L’heure qui suit est une réelle bataille. Après avoir raté la confluence empruntée par JB et Fab en direction de Mieussy je me réfugie dans une petite combe sous le vent de la brise à la pointe de Marcelly qui me fais vivre un joli rodéo tout en m’écrasant un peu plus vers le sol. Je scrute de plus en plus prêt chaque champ pour une éventuelle vache, et tente de forcer le passage au vent. Je trouve au dernier moment un appui de brise le long des arbres, me concentre sur les premiers 300 mètres encore turbulent savant d’enrouler un thermique qui me ressort miraculeusement au dessus de la Frête de la Penaille. L’horizon s’agrandit, le voyage peut reprendre. Fab à pris le chemin du retour en direction des Aravis et JB m’offre les clefs de la transition entre Mieussy et le Mole par la plaine des Brasses en radio. Après 4 cycles de patiente attente au Môle, JB file lui aussi sur le chemin du retour à mon arrivée. Je ne parviens pas à faire le plaf mais en fin de cycle et la journée avançant, je décide de faire la transition vers la pointe d’Andey.

Après un raccrochage bas mais plutôt efficace, je galère à passer la crête et sens la fatigue prendre le dessus quelques minutes. Je finis par me hurler dessus un bon coup (technique très personnelle de motivation :p) avant de retrouver un peu de sérénité, nécessaire pour la suite du vol. Il est 18h, le soleil décline mais la masse d’air reste très active. J’essaie de jouer la carte de l’efficacité et glisse le long des faces ouest sans trop enrouler. Je me laisse dériver dans un thermique devant l’Aiguille Verte et transite vers la face ouest du Lachat de Thônes. L’appui dynamique fonctionne convenablement et je décide de ne rien enrouler et passe en Fosbury le col de la Buffaz. Je m’applique dans un thermique doux de fin de journée au Lachat de Thônes tout en profitant des magnifiques lumières qui m’entoure et file vers Cotagne.

Je croise les doigts pour que l’appui dynamique marche encore et deux ailes qui jouent à la Tournette me donnent bon espoir de trouver un dernier thermique salvateur, qui me permettra de transiter sur la face sud de la Tournette en direction de Marlens.

J’apprécie cette masse d’air tiède qui me porte avec douceur vers la Tournette avant de transiter en direction du Col des Nantets. Le glide final le long de la face sud de la Tournette est le bouquet final d’une journée magique, j’y croise quelques guns qui terminent de gros triangle et retrouve avec une immense joie Fab qui eu le temps d’aller faire un tour dans les Bauges puis JB à l’attéro.

Merci les potes pour ce voyage dans des paysages merveilleux, pour ces cavalcades entre les cumulus et pour votre patience quand j’ai trainé la patte. Merci à AD de me suivre et d’avoir fait une Soar en XXS qui vole du feu de dieu, et merci le parapente de me faire redécouvrir ce jardin que j’ai parcouru gamin, par les sentiers et que je redécouvre émerveillé par le ciel.

Max.

Un aperçu en image de ce vol mémorable...

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