Progresser en parapente – à la rencontre de François Montuori

vol parapente
Afin de suivre les aventures de François pendant la saison, essayons d'abord de comprendre l'évolution de sa progression depuis 4 ans. Pilote de distance et très récemment compétiteur, il vole actuellement avec une Flow Paragliders Fusion et un cocon Skywalk Range X-Alps.
C'est parti !
  • Salut François ! Quels ont été tes débuts en parapente ?

Faisant beaucoup de trail et un peu d’alpinisme estival, comme beaucoup je crois j’étais attiré par la possibilité de descendre en volant sans se fatiguer ! J’ai fait un stage initiation monosurface en septembre 2019 et ai tout de suite acheté une UFO, le lendemain de mon stage initiation je faisais mon premier vol en solo depuis Planfait: ça y est le parapente est rentré dans ma vie ! J’ai ensuite enchainé les ploufs et durant l’été 2020 j’ai découvert le vol thermique d’abord avec la monosurface puis avec une Gin Yeti qui m’a amenée à mes premiers mini cross dans le bocal. En Février 2021 j’ai reçu ma première aile de cross, une Airdesign Soar qui m’a ouvert les portes de cross plus longs, et c’est à partir du printemps 2021 que j’ai commencé à véritablement faire du volume et progresser en vol de distance !

  • Aujourd’hui tu fais donc des cross de plus de 100km, comment as-tu atteint ce niveau de vol ?

Il y a beaucoup de facteurs qui m’ont fait progresser vers ce niveau. Un cross de 100km c’est atteignable par n’importe quel pilote motivé avec quasiment n’importe quel matériel.
Je partagerai les points qui selon moi ont catalyser ma progression. La première chose, être observateur: même quand on est pas en vol observer les oiseaux, les feuilles qui bougent, interpréter les phénomènes que l’on observe et faire des liens. S’instruire sur la théorie grâce à d’autres pilotes, des livres, des vidéos en parallèle. La deuxième: voler sans instruments au début. Quand j’ai acheté mon premier vario, j’avais déjà plus de 100h de vol en thermique. Je pense que c’est fondamental pour aiguiser les sensations et apprendre à bien enrouler. Quand on achète un vario ensuite, on s’en sert pour ce à quoi il est vraiment utile: sélectionner les Vz, optimiser la montée, se replacer dans le thermique, savoir quand le quitter, etc…
Une autre chose qui m’a aidé je pense a été mon approche « scientifique » du cross. Analyser les traces dans les moindres détails, comprendre un maximum de chose et surtout apprendre à faire des liens entre les choix faits par les pilotes et les conditions / configurations observées. Avant dernière point: faire assez vite un SIV et progresser en pilotage. Pouvoir se concentrer sur ses choix et avoir le cerveau disponible pour observer les autres ailes, les oiseaux, les feuilles qui bougent plutôt que de s’inquiéter des turbulences ou d’une aile qui ferme est primordial selon moi. Dernière chose qui a mon avis est une des plus importantes: se connaître. Etre conscient de ses limites, savoir de quoi on est capable, être progressif et dans la maitrise des marches que l’on gravit et ne pas vouloir en faire trop est primordial selon moi. Je remercie vraiment mon passé de sportif pour cela, car on apprend à reconnaitre son niveau de maitrise de la situation grâce à la charge mentale qu’elle nous procure. Cela m’a toujours aidé à savoir si j’étais en train de faire de la m**** ou pas.
  • Avec du recul, quels ont été tes plus beaux vols ?

Le premier qui me vient à l’esprit est un décollage et soaring du Mont Blanc ! Les plus beaux vols de distance en Suisse pour sûr, je garde un souvenir incroyable de la traversée de l’Oberland Bernois, le plus beau pour les paysages. Et puis il y a les longs cross, ceux où tu poses après une journée de vol. Le mois dernier, boucler après 260km et 10h de vol dans la vallée toute calme et dans l’ombre, après avoir survolé plusieurs massifs des alpes était une belle satisfaction !

  • Cette année tu commences la compétition, qu’est ce qui te motives ?

Je suis surtout motivé par la source d’apprentissage que la compétition représente dans un premier temps. Sans forcément avoir d’objectifs précis pour l’instant. Faire du mieux que je peux et découvrir cet univers. Cela rejoint le point sur la connaissance de soi dont je parlais. Je ne me connais pas encore en tant que compétiteur en parapente. Je ne sais pas quels sont mes faiblesses, quels sont mes points fort et je ne suis pas en mesure d’évaluer ce dont je suis capable. Avec un petit plus d’expérience j’espère pouvoir me fixer des objectifs plus précis pour la saison prochaine !

  •  Est ce qu’il y a un vol particulier que tu aimerais faire dans ta vie de pilote ?

Il y en a beaucoup un peu partout dans le monde. J’aime beaucoup l’idée d’utiliser le parapente comme un prétexte pour voyager. Sans que ce soit un objectif (mais plutôt un rêve lointain) décoller d’un sommet de plus de 8000m. Et voler au Brésil aussi ! Pour les paysages et les très gros vols en plaine possibles dans le Sertao.

Merci François d'avoir partagé ta vision de progression !
Belle première saison de compétition !

Lorenza

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