Une nouvelle aventure en vue pour Benjamin de Molliens: le vol bivouac ! Grâce à l’expérience de Fab, ces deux jours ont pu avoir lieu en biplace, de quoi faire rêver tous les novices et néophytes du parapente ! Alors c’est parti, plongeons au cœur du sujet !

Premier jour: vol en toute sobriété

Parti de bonne heure de Lyon, j’arrive à la gare d’Annecy vers 9 heures. Isabelle, qui travaille à l’office du tourisme Les Sources du Lac, m’accueille sur le quai. On file directement rejoindre l’équipe de Flyeo à Doussard. Le ciel est bleu, le lac l’est encore plus, cette petite aventure s’annonce de bon augure.

Arrivé chez Flyeo, je rencontre Laurent, mon contact depuis plusieurs mois maintenant. Puis Max et Fabien. Fabien, c’est le boss. Grand sourire, de l’énergie à revendre, il me met tout de suite à l’aise. Pendant deux jours, ce sera surtout mon ange-gardien. C’est avec lui que je vais vivre ma première rando-parapente, un rêve de gamin. Max, qui l’accompagne, compte bien devenir lui aussi instructeur. Les présentations sont faites, place à l’action.

Ben Fab et Max
gonflage parapente airdesign

Avant de commencer notre périple, Fabien et Max proposent de m’enseigner, sur la zone d’ atterrissage, quelques exercices de maniement de l’aile au sol. On commence avec un parapente classique, à savoir une aile qui comporte une couche extérieure et une intérieure, plus spécifiquement un extrados et un intrados. J’enfile la sellette, je prends les manettes et je m’élance en courant. Ça tire ! Pas facile de monter l’aile et encore moins de la stabiliser au-dessus de ma tête. Les mouvements à faire ne sont pas si naturels. Mais à force d’essayer, je finis par y arriver. Cette course au sol, c’est le chicken run, tout simplement parce qu’avec les bras en arrière et le buste en avant, on a l’allure d’un poulet !
Je teste ensuite une aile monosurface, moins volumineuse et surtout beaucoup moins lourde qu’une aile classique. La raison ? Elle ne possède pas d’intrados. La différence est édifiante. Tout est plus léger et simple ! La monosurface, c’est la compagne idéale du parapentiste randonneur, qui souhaite juste faire « un plouf », une descente pour rentrer une fois qu’il a fini de crapahuter.

Il est midi, l’heure de quitter la zone d’atterrissage direction le Col de la Forclaz. Pas en voiture non, mais à pied, des ailes et sellettes classiques sur le dos. Les sacs sont lourds ! Plus précisément entre 10kg et 20kg. Dedans ? Les ailes bien sûr, dont une biplace, mais aussi nos affaires et la nourriture pour le dîner et le petit déjeuner.
On emprunte un sentier qui démarre directement de Doussard. Ça grimpe sec ! C’est parti pour 730 mètres de dénivelé positif. Il fait chaud, je sue à grosses gouttes. Malgré l’effort et la chaleur, on passe un très bon moment avec Max et Fab. On apprend à se connaître. Modestes, j’ai pourtant à faire à de sacrées pointures des sports alpins !

Après 1h30 d’efforts, on atteint la zone de décollage. D’ici, la vue sur le lac d’Annecy est imprenable. L’endroit est bondé avec de nombreux parapentistes en préparation. Ce décollage est très prisé des écoles et structures de parapente du coin.
Pour s’y rendre, elles utilisent des camionnettes.

Fabien me dit que pendant la saison, chaque camionnette fait en moyenne 10 fois l’aller-retour dans la journée. Or, on en compte environ 60 ! Ce qui fait pas moins de 600 allers-retours par jour ! L’impact de ce sport sur notre environnement est donc tout sauf anodin. C’est pour cette raison que nous avons souhaité marcher. Le parapente me fait rêver depuis longtemps mais je tiens à limiter mon impact et à promouvoir cette activité de la façon la plus responsable possible. Certes, à pied, on ne peut pas réaliser autant de vols qu’en prenant une voiture, mais l’expérience n’en est que plus belle et méritée.

biplace selfie parapente

1, 2, 3… Décollage ! En quelques enjambées, on s’envole dans le ciel d’Annecy avec Fabien. Je vole !!! Quelle magie… Mais que d’appréhension aussi. Beaucoup de parapentes et de deltaplanes nous entourent. Et en regardant en bas, une sensation de vertige m’envahit. Fabien me rassure et je me sens rapidement mieux. On longe une paroi tout en survolant une forêt d’épicéas. Magique.

Les objectifs du jour sont nombreux et ambitieux : le sommet de la Tournette, les dents de Lanfon, la traversée du lac d’Annecy, le Roc des Boeufs, le Trelod et enfin le refuge du Charbon pour la nuit. Grâce aux colonnes d’air chaud, appelées ascendances thermiques ou simplement thermiques, on prend rapidement de l’altitude. On les repère en observant le relief ou les autres parapentistes, et même les oiseaux. Une fois dedans, on tourne en spirale pour monter. Avec son expérience et sa technique, Fabien nous amène au sommet de la Tournette en 45 minutes ! Partis de 1150 mètres d’altitude, nous voilà déjà à 2351 mètres ! On survole de majestueux bouquetins. Là haut, c’est encore très enneigé. Max, qui a décollé en solo juste après nous, nous rejoint. On se dirige alors vers les dents de Lanfon puis on se lance dans la traversée du lac.

En itinérance, la technique est la suivante : on prend de l’altitude proche des montagnes, puisque c’est là que se trouvent les colonnes d’air chaud. Une fois suffisamment haut, on se lance dans la traversée jusqu’au prochain relief.
Il faut bien calculer son coup pour ne pas arriver trop bas, sinon on est contraint d’atterrir !
En fonction de la finesse de l’aile, à savoir la distance horizontale qu’elle peut franchir pour une unité de distance verticale consommée, on perd plus ou moins de l’altitude lors d’une traversée. Notre aile a une finesse de 9, c’est-à-dire que lorsque l’on parcourt 9 mètres à l’horizontale, on en perd 1 en vertical.
Heureusement, avec Fabien, je suis serein. On atteint le Roc des Boeufs sans pépin. On se met alors à surfer des courants d’air le long de la paroi. C’est fou. Puis on entame une nouvelle traversée. Cette fois, direction le Trélod.

Il nous reste alors un dernier obstacle à passer avant d’atteindre le refuge du Charbon. Si on ne passe pas le col, il faudra terminer à pied ! Fabien passe l’obstacle haut la main. On aperçoit alors le refuge, un chalet plein de cachet au milieu d’un pâturage verdoyant.
Après 2h30 de vol, c’est l’heure de l’atterrissage. Fabien me demande de chauffer les chevilles pour ne pas me faire mal au moment de toucher le sol. Quelques mètres avant d’atterrir, il m’invite aussi à me mettre en position debout. Je m’y prends un peu tard et patatra, je pars en roulé-boulé dans l’herbe. Plus de peur que de mal, on rigole à gorge déployée. Max nous rejoint peu après.

Ça fait tout drôle de remettre le pied à terre. On replie l’aile et on prend nos quartiers. Le lieu est entretenu par une petite association, le TAC, acronyme de Tous Au Charbon. Ce soir-là, 3 bénévoles nous rejoignent depuis la vallée. Au menu, c’est fondue savoyarde préparée par le restaurant de montagne l’Avalanche de façon presque zéro déchet. Reblochon, Beaufort, Abondance, vin blanc Chignin Bergeron et mousses au chocolat. Je me sens accueilli comme un roi. Je comprends aussi pourquoi nos sacs étaient si lourds ! Après un coucher de soleil au sommet, on passe tous ensemble une merveilleuse soirée. Il est temps d’aller se coucher.

JOUR 2:

Réveil en douceur après 8 heures de sommeil à poings fermés. Le soleil brille, on profite pleinement de notre petit déjeuner. Puis il est temps de se mettre en route vers le sommet, nos ailes sur le dos.
Arrivés là-haut, le point de vue est splendide. Des nuages commencent à se former. Mais c’est sans conséquence puisque l’objectif du jour est simplement de retrouver la vallée.

1, 2, 3… C’est reparti ! Quel plaisir de se remettre à voler ! La descente est grandiose avec le lac en toile de fond. Max vient voler à nos côtés, un moment de camaraderie ailée. Après quelques minutes, il descend en piqué direction la zone d’atterrissage de Doussard, juste à côté des locaux de Flyeo.

décollage au Charbon

À notre tour de s’engager. Fabien entame alors une série de spirales et de loopings, aussi appelés tonneaux barriqués. Tout s’accélère et je perds un peu le nord. C’est impressionnant et hyper grisant. Je crois que l’on prend jusqu’à 4G. J’adore et mes cris sont là pour en témoigner ! Quelques secondes plus tard, on atterrit. Cette fois je ne me loupe pas et cette folle aventure se termine en douceur. On replie le parapente. Place au débriefing et au petit sirop dans un café.

Quelle aventure, quelle folie ! En deux jours, j’ai dû prononcer trente fois le mot « incroyable » tellement j’étais subjugué. Quel bonheur de réaliser ce rêve d’enfant aux côtés de personnes attachantes et chevronnées. Tout cela bien sûr en respectant du mieux que possible certaines de mes règles écologiques préférées, comme le zéro déchet.

“Un grand merci à Fabien, Max,… Laurent et tous les autres qui ont contribué à cette épopée. Vous m'avez régalé !”

Benjamin

À propos de Benjamin:

Benjamin de Molliens a démarré fin mai 2020 le projet Expédition Zéro, une série d’aventures sportives itinérantes qui suivent 3 règles autant que possible : Zéro Émission carbone, Zéro Déchet et Zéro Matériel neuf. Le tout en s’amusant !

Après 5 expéditions en un an, à vélo, en randonnée, en SUP, en courant et en kayak, Benjamin avait à coeur de s’essayer à la randonnée-parapente. En novembre, lors du 2ème confinement, Benjamin a également lancé le défi éco-citoyen #nettoietonkm. Celui-ci est devenu viral et très médiatisé. Son objectif est de donner envie au plus grand nombre de s’intéresser à l’écologie et de passer à l’action.

L'expédition en vidéo:

Vous êtes déjà pilote ?

Nous lançons les stages bivouac avec Fabien et également Régis, accompagnateur montagne. Vous pouvez dès maintenant y jeter un coup d’œil pour plus d’infos.

Les stages auront lieux sur deux ou trois jours (en septembre, octobre et peut-être même novembre !). Le but est de séjourner en montagne et d’appréhender la question du matériel, choix du lieu bivouac et du décollage; le vol bivouac aux petits oignons !

A très vite !

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